vendredi 9 décembre 2016

N°50 - Exit


Cette chronique est inutile, car elle n'apporte ni gain, ni bénéfice.

En revanche, les institutions publiques finissent par devenir utiles, car elles ont enfin compris que la chose commune pouvait être utilement subordonnée à l'efficacité managériale.

Et les résultats deviennent de plus en plus probants. C'est ainsi que la politique est avantageusement remplacée par la gouvernance ; que les citoyens sont enfin devenus des parties prenantes et le peuple une société civile.

Mais ce n'est pas fini : l'acceptabilité sociale remplace très bien la démocratie et le consensus permet d'en finir avec le débat-bla-bla.

Exit, encore, le projet politique passéiste, car les partenariats offrent de meilleures opportunités, et ce sans avoir à attendre. Du projet politique pour quoi faire, d'ailleurs ? Aurons-nous besoin de solidarité sociale encore longtemps, à partir du moment où l'empowerment des individus aura progressé au meilleur niveau ? Ou encore de cohésion, quand l'individu sera en pleine cohésion avec lui-même ?

Les institutions publiques sont donc utiles, car elles ouvrent de plus en plus la voie afin que les individus, plus indépendants, puissent finir par s'en passer et qu'elles meurent ensuite de leur Belle Mort.

Le monde devient enfin moderne. Il était temps.

Le prochain numéro de CHRONIQUE INUTILE DU VENDREDI (La) vous causera d'un autre truc inutile.

Source illustration : http://lewebpedagogique.com/ecoleprivee/

2 commentaires:

  1. J'aimerais bien savoir, cher IG, comment dit-on "bas-côté" en langage managerial. Ou "cloche". Ou "ou".
    Parce qu'il y a un gars en bas de chez moi parfaitement inutile et qui ne rapporte aucun bénéfice, et qui ne trouve pas de travail sans doute parce qu'il ne sait pas comment dire sa condition.
    Que lui conseillerez vous ?
    Merci, grand Marabout.

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  2. "Bas-côté" : lieu du ban = le lieu séjour de l "exclu". L'exclu doit contractualiser avec la puissance publique qui définit les obligations de résultats de ce dernier (mais pas les siennes). Il entre alors en parcours d'insertion, dont il peut peut-être sortir (cf. la CIDV n°49 sur le tunnel).
    RAS : désolé de me servir de toi comme BAL, Marcel, mais bien le bonjour à Marc Dumontier, qui m'a laissé un souvenir im-pé-ri-ssable lors de l'un de ses derniers passages sur les planches ! C'était juste... MAGNIFIQUE ! :)

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